L'intelligence émotionnelle : comprendre ce que l'on vit pour mieux se respecter

Publié le 14 janvier 2026 à 16:51

On parle beaucoup d'intelligence, de QI, de performances... Mais il existe une autre forme d'intelligence tout aussi essentielle, et pourtant encore trop peu enseignée : l'intelligence émotionnelle.

 

L'intelligence émotionnelle, c'est la capacité à reconnaître, comprendre, accueillir et réguler ses émotions, ainsi que celles des autres. C'est elle qui nous permet d'être en relation, de poser des limites, de ne pas nous laisser submerger, et de faire des choix alignés. C'est elle qui nous permet de ne pas être gouverné par nos émotions, mais de les utiliser comme des informations précieuses sur nos besoins. 

 

Les émotions sont des messagères

 

Chaque émotion a une fonction.

La peur protège.

La colère alerte.

La tristesse permet de faire le deuil.

La joie indique ce qui nourrit.

 

Lorsqu'une émotion est ignorée, minimisée ou interdite, elle ne disparaît pas : elle s'imprime dans le corps, dans la mémoire, dans la relation.

 

Beaucoup d'adultes aujourd'hui ont appris très tôt à se couper de leurs ressentis pour s'adapter, faire plaisir aux autres, ou ne pas déranger. Mais cette coupure intérieure a un coût : anxiété, épuisement, colère rentrée, sentiment d'injustice ou de ne pas être reconnu. 

 

Quand une émotion n'est pas entendue, la blessure s'installe.

 

L'intelligence émotionnelle ne consiste pas à être d'accord avec tout, mais à reconnaître l'impact émotionnel de ce que l'on  impose à l'autre.

 

Un acte peut-être rationnellement justifié, mais émotionnellement destructeur s'il nie ce que l'autre vit.

 

EXEMPLE 1 :

Un adolescent qui dit "tu ne me comprends jamais" n'est pas en train de provoquer. Il exprime souvent le sentiment que ce qu'il vit intérieurement est minimisé, mal interprété ou jugé. Quand un parent répond uniquement par des conseils (parfois non sollicité), des reproches ou des comparaisons, l'ado peut se sentir seul émotionnellement, même dans une famille aimante. Ce manque de reconnaissance crée de la distance, de la colère ou du repli. 

 

EXEMPLE 2 :

Empêcher une personne d'assister aux obsèques d'un proche, ce n'est pas seulement lui refuser un déplacement ou un moment. C'est lui enlever la possibilité de dire au revoir, de faire son deuil, de vivre un rituel fondamental pour l'apaisement intérieur. Pour la personne concernée, cela peut créer un sentiment de violence, d'injustice, de dépossession de son lien, et une blessure profonde qui reste longtemps active, même si elle ne s'exprime pas. 

 

EXEMPLE 3 :

Beaucoup de filles se sentent déjà "trop grosses", souvent très tôt, sous l'effet des regards, des normes sociales et des comparaisons. Lorsqu'une mère, portée par ses propres peurs ou son histoire personnelle, renforce cette idée par des remarques sur le corps de sa fille, la souffrance s'intensifie. L'enfant peut alors intégrer l'idée que son corps est un problème, que l'amour ou la reconnaissance passent par la minceur, et développer une relation douloureuse à elle-même, à son image et à son alimentation.

 

Reconnaître cela, ce n'est pas accuser. C'est simplement prendre en compte la réalité émotionnelle de l'autre.

 

L'intelligence émotionnelle, c'est la capacité à voir l'autre de l'intérieur.

 

Quand nous développons cette intelligence, nous apprenons à nous poser une question que "Ai-je raison ?" 

Nous demandons aussi : 

" Qu'est-ce que cette situation fait vivre à l'autre ? ".

 

C'est cette capacité qui change la qualité des relations :  dans les familles, les couples, entre parents et enfants, entre générations.

 

Un enfant, un adolescent ou un adulte qui se sent émotionnellement reconnu ne devient pas faible. Il devient sécurisé.

 

Se sentir reconnu guérit plus que d'avoir raison.

 

Beaucoup de blessures familiales ne viennent pas de ce qui s'est passé, mais du fait que ce que l'on a ressenti n'a jamais été reconnu.

 

Dire "Je comprends que ça t'ait fait mal" peut réparer davantage qu'un long discours. 

 

L'intelligence émotionnellement, c'est ce pont invisible entre les êtres, celui qui permet de ne pas se perdre dans les malentendus, les silences et les non-dits.

 

En conclusion.

 

Développer son intelligence émotionnelle, c'est apprendre à écouter ce qui se vit à l'intérieur, chez soi et chez l'autre. C'est oser regarder les émotions non pas comme un problème, mais comme une vérité humaine.

 

Cet article ouvre une réflexion, mais le travail se fait dans l'expérience. Si vous souhaitez être accompagné(e) pour développer votre intelligence émotionnelle et apaiser ce qui se joue pour vous, n'hésitez pas à me contacter.

 

" Parce que ce qui n'est pas reconnu s'imprime. Et ce qui est reconnu peut enfin s'apaiser".

 

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© Emilie Leblanc 

Psychopraticienne & Educatrice de Jeunes Enfants - 2026